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Le fossé grandissant entre la réalité et les discours

mardi 12 avril 2011, par SNPI-FSU2

Ne nous y trompons pas, les « réformes » mises en place ne visent pas tant à améliorer le fonctionnement du système qu’à réduire la dépense publique. À cet égard, l’argument principal de la réduction des déficits est avant tout un sophisme. Au bout du compte, après avoir raréfié les recettes fiscales en les faisant peser principalement sur les revenus du travail, c’est bien de la seule réduction des dépenses publiques dont il s’agit. Celle-ci vise avant tout, nous dit-on, à rendre la France « plus compétitive ». C’est actuellement l’axe structurant de toutes les politiques publiques et la politique éducative n’y échappe pas.

En ce domaine, le précédent ministre avait mis en place de façon brutale le cadre qui permettait des économies rapides en termes de suppression de poste : aide personnalisée, affectation sur poste des professeurs stagiaires, « réforme » de la voie professionnelle, « réforme » du lycée… Après le remaniement, le nouveau ministre avait pu habilement profiter du fait que la politique de restrictions qu’il mène ne lui est pas vraiment imputable. Mais, il lui faut bien exister politiquement comme on peut le voir dans deux exemples récents.

D’abord, certainement pour ne pas se perdre en [1]Pour reprendre — à un mot près — une expression du ministre qu’imposerait le dialogue social, [2]Convenons qu’il est plus commode de pactiser seul ! un « pacte de carrière ». Dans celui-ci, sont contenus des « entretiens de carrière » alors que nous voyons se raréfier les possibilités de formation continue ainsi que les perspectives de mobilité interne et externe. Quel sens pourront avoir ces entretiens tant pour ceux qui vont les mener que pour ceux à qui ils s’adressent ?

Ensuite, c’est l’utilisation du marronnier du « retour aux fondamentaux  ». Depuis J.P. Chevènement (1985), la quasi-totalité des ministres chargés de l’Éducation nationale n’a pu s’empêcher d’y recourir. De la sorte, Luc Chatel s’exonère à bon compte de sa responsabilité politique en proposant de fausses mesures comme le « plan sciences » qui jettent l’opprobre sur les enseignants et les inspecteurs, dénoncés pour ne pas préparer pas correctement les générations à venir.

Plus que jamais, notre responsabilité syndicale est d’alerter sur le fossé grandissant entre la réalité quotidienne vécue par les inspecteurs et les discours institutionnels.


Michel GONNET, secrétaire général

Notes

[1] « circonlocutions rhétoriques »

[2] il signe seul

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